
Max Ernst
Fleurs en coquillages
1929
Huile sur toile, 129x129cm
Attribution par l’Office des Bien et Intérêt Privés, 1950
MNR : oeuvre récupérée en Allemagne à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
© Collection du Centre Pompidou, Mnam/Cci, Paris.

Max Ernst
Après moi le sommeil
Titre attribué : Hommage à Paul Eluard
1958
Huile sur toile, 130x89cm
Don de l’artiste à l’Etat,1960
© Collection du Centre Pompidou, Mnam/Cci, Paris
L’oeuvre de Max Ernst entretient avec la nature un rapport qui excède largement la représentation du paysage.
Forêts, jardins, formations organiques ou minérales y apparaissent moins comme des motifs que comme des processus, des états de transformation où le monde extérieur se mêle étroitement aux mécanismes de l’imaginaire. L’exposition De Natura, dont une majorité d’oeuvres est issue des collections du Musée National d’Art Moderne, dans le cadre du Festival AR(t)CHIPEL, né du partenariat entre la Région Centre Val de Loire et le Centre Pompidou, propose de lire cette oeuvre comme une exploration du vivant, non pas tel qu’il se donne à voir, mais tel qu’il s’éprouve et se métamorphose intérieurement. Elle constitue, par là même, une sorte d’histoire naturelle intérieure. Cette approche trouve un point d’ancrage décisif dans Le Jardin de la France, oeuvre conçue par l’artiste lors de son séjour en Touraine où il résida de 1955 à 1967. Loin d’une vision bucolique ou descriptive, l’oeuvre déploie un paysage construit, traversé par la Loire, qui en structure l’espace et la composition. Le fleuve n’y est pas un simple élément topographique : il est flux, circulation, principe d’organisation et de mémoire. Chez Max Ernst, le “jardin” est une nature pensée, ordonnée, mais travaillée par l’étrangeté et la prolifération des formes. Présentée au Domaine de Chaumont-sur-Loire, l’oeuvre entre en résonance directe avec le site, qui considère le jardin non comme un décor, mais comme un espace de réflexion, d’expérimentation et de narration.
En regard, Après moi le sommeil ouvre un autre versant de cette histoire naturelle. Le sommeil n’y désigne pas un repos, mais un état où les formes se dissolvent, où la matière semble se défaire de ses contours pour rejoindre une zone indistincte, proche du rêve. La nature s’y manifeste moins par la croissance que par l’effacement, moins par la structure que par l’engloutissement intérieur. Cette oeuvre introduit une temporalité suspendue, silencieuse.
Entre ces deux pôles, se déploie une sélection d’oeuvres qui fait de la nature un langage, un réservoir formel de métamorphoses.
Enrichie de prêts de la Fondation des Treilles, du Mobilier National, de collectionneurs privés et d’oeuvres de la Galerie Bucher Jaeger, l’exposition De Natura invite ainsi à parcourir l’univers de Max Ernst comme un territoire mental, où le végétal, le minéral et l’imaginaire se répondent sans hiérarchie, dans un fascinant continuum. Au Domaine de Chaumont-sur-Loire, ce dialogue prend une dimension singulière : de la Loire au rêve, le paysage réel se prolonge en paysage intérieur, et l’expérience sensible de la nature devient fiction, allégorie, poésie pure.
CHANTAL COLLEU-DUMOND
Directrice du Domaine de Chaumont-sur-Loire,
Commissaire de l’exposition
DATES
Du 3 octobre 2026 au 28 février 2027
10h – 19h
10h - 17h30 à partir du 02 novembre
Mentions Légales
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